Laurent Moulinat
A l’heure où le paysage est un genre qui fait grise mine dans la peinture contemporaine, je tente de me faire une place.
Autodidacte et partisan de l’école où l’on trouve tout seul, je profite de cet article pour vous expliquer ma démarche, que vous comprenez ma passion et que vous regardez d’un autre œil mon travail.
Ma peinture est celle d’un enfant doté d’une perception des couleurs exacerbée cherchant à retranscrire les nuances les plus subtiles sur la toile. Je peints des atmosphères, l’air qui entoure les choses, la lumière de l’instant.
Lassé par la représentation fade est réaliste des choses (il y a la photo pour ça, maintenant.) mon trait se relâche et mes touches deviennent davantage grossières afin de dématérialiser les composantes disparates de la réalité qui fusionnent dans la lumière. Cette liberté de geste s’explique par le fait de vouloir à tout prix peindre la beauté de l’instant DANS l’instant. La contrainte du temps nous force à aller au plus simple et suggérer les choses. Avant ça passait pour du travail inachevé, au mieux de vulgaires esquisses, mais heureusement les mœurs sont un peu plus ouvertes maintenant.
En plus de peindre dans l’urgence, ce qu’il y a d’excitant et d’intéressant dans la peinture en plein air, c’est la lutte contre les éléments. La chaleur qui tape sur le crâne et fait couler la peinture ou au contraire le froid polaire qui durcit la pâte et gèle les mains, le vent qui fait voler la toile, la pluie, la neige, tous ces facteurs rentrent directement dans le processus de création, ce qui est inévitablement stimulant et ne rend l’œuvre que plus vraie. Par exemple, je trouve cela plus excitant d’aller en bord de mer peindre une tempête pour rendre compte de la violence de celle-ci plutôt que de peindre le même paysage au chaud à l’abri dans son studio, ça n’a pas la même saveur .
Fortement influencé par le mouvement impressionniste, donc, et pourtant je ne me définis pas comme tel, l’impressionnisme, c’était il y a plus d’un siècle, il faut vivre avec son époque.
Cette phrase de Claude Monet résume particulièrement bien ma démarche « Je poursuis un rêve. Je veux l’impossible. Les autres peintres peignent un pont, une maison, un bateau… et ils ont fini. Je veux peindre l’air dans lequel se trouve le pont, la maison, le bateau. La beauté de l’air où ils sont, et ce n’est rien d’autre que l’impossible. »
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